Un chai se conçoit à partir du projet de production du domaine. Les volumes annuels, le type de vinification, la durée d’élevage et l’organisation du travail déterminent la surface, les niveaux, l’implantation et les équipements. Ces choix fixent ensuite les conditions de vinification, les coûts d’exploitation et les marges d’évolution du bâtiment.
Construire un chai en fonction du projet viticole
Un chai doit être dimensionné en fonction des volumes à traiter, des caractéristiques du site et de la réglementation.
Volumes vinifiés et capacités à long terme
Les volumes vinifiés déterminent le nombre et la taille des cuves, les surfaces de circulation, les zones de stockage temporaire et les locaux techniques.
Un dimensionnement insuffisant peut freiner l’activité pendant les vendanges, tandis qu’un bâtiment surdimensionné entraîne des coûts d’exploitation élevés.
Le projet doit également intégrer une projection réaliste à moyen terme. Prévoir une évolution des volumes, un changement de gamme ou l’ajout de cuves conditionne la capacité du chai à évoluer sans modification structurelle majeure.
Implantation du chai et contraintes du site
L’implantation du chai dépend de la topographie, de la nature du sol et des accès existants. Un terrain en pente peut permettre une organisation sur plusieurs niveaux, tandis qu’un site plat impose d’autres choix structurels et de terrassement.
Ces contraintes influencent la hauteur du bâtiment, les fondations, les volumes enterrés éventuels et les coûts de gros œuvre.
Orientation du bâtiment et inertie thermique
L’orientation du chai influence directement les besoins de régulation thermique. L’exposition au soleil de certaines façades peut être compensée par l’épaisseur des parois, la part de volumes enterrés et le choix de matériaux à forte inertie. Autant de paramètres à intégrer dès la conception du gros œuvre.
Permis de construire d’un chai vinicole et cadre réglementaire du projet
La construction d’un chai de production est soumise à l’obtention d’un permis de construire de chai vinicole, dont le contenu dépend de la capacité de production envisagée.
Lorsque l’activité de vinification dépasse certains seuils, le permis de construire d’un chai de production doit être instruit conjointement avec les démarches liées aux installations classées (ICPE).
Les documents exigés lors du dépôt intègrent notamment les prévisions de production, l’organisation des espaces de vinification, les besoins en stockage et les modalités de gestion des effluents.
Architecture du chai et organisation des étapes de production
L’architecture d’un chai doit traduire l’enchaînement des étapes de production, de la réception des vendanges jusqu’à l’élevage et au stockage.
Organisation spatiale du chai et hiérarchisation des espaces
La disposition des espaces doit suivre l’enchaînement des étapes de production : réception des vendanges, cuverie, élevage, stockage et expédition. Cette hiérarchisation peut avoir une incidence sur la profondeur du bâtiment, la largeur des travées, les hauteurs libres et la position des zones techniques.
Articulation entre le bâtiment et les équipements vinicoles
Le bâtiment doit être conçu pour accueillir les équipements sans adaptations ultérieures lourdes : accès pour la manutention, charges au sol, réservations techniques et dégagements. Ces paramètres conditionnent le dimensionnement des dalles, des portées et des hauteurs libres.
Construire un chai durable et adapté aux pratiques actuelles
La durabilité d’un chai repose sur des choix constructifs concrets : implantation bioclimatique, inertie du bâti, matériaux et limitation des besoins énergétiques.
L’approche bioclimatique cherche à tirer parti du site pour stabiliser naturellement les conditions intérieures du chai.
L’objectif est de limiter les variations thermiques par l’orientation du bâtiment, les volumes partiellement enterrés, la protection des façades exposées et l’inertie des parois.
Les murs massifs, les dalles épaisses et les parois à forte inertie permettent de lisser les variations de température et de réduire les besoins de régulation mécanique.
Il faut anticiper l’impact de ces choix sur le coût de construction.
Évaluer les coûts de construction d’un chai viticole
Les coûts de construction d’un chai varient fortement selon sa fonction et le niveau de complexité du bâtiment.
Ordres de grandeur des coûts selon le type de chai
Pour un chai à usage principalement technique (vinification, élevage ou stockage), les coûts observés se situent généralement dans une fourchette comparable à celle d’un bâtiment d’activité, avec des écarts liés aux volumes, aux hauteurs et aux contraintes spécifiques du site.
Lorsque le projet intègre des espaces d’accueil, une architecture travaillée ou des dispositifs constructifs particuliers, le coût au mètre carré augmente sensiblement. Ces écarts s’expliquent moins par les équipements vinicoles que par les choix architecturaux, les matériaux et le niveau d’exigence porté au bâtiment lui-même.
Facteurs de variation des coûts dès la conception
Plusieurs paramètres influencent fortement le coût final d’un chai dès les premières phases du projet. La topographie du site, le volume de terrassement, la part de surfaces enterrées et la complexité structurelle pèsent sur le gros œuvre. À cela s’ajoutent les choix architecturaux ainsi que l’intégration des contraintes techniques propres au chai.
Comment maîtriser le coût de construction du chai ?
Une grande partie des dépassements de budget s’explique par des modifications tardives du projet. Un dimensionnement cohérent dès le départ reste le meilleur moyen de contenir les coûts sans dégrader la fonctionnalité du bâtiment.
La conception des cuveries et la relation entre le bâtiment et les cuves influencent les conditions de vinification. Nomblot, fabricant de cuves en béton depuis 1922, conçoit des cuves intégrées aux contraintes des chais, pour que le bâti et les cuves relèvent d’une même logique constructive et structurelle.
